Publié le : 11 décembre 2017
Jean Ragnotti raconte le Tour de Corse 1982
11 décembre 2017

Jean Ragnotti, dit « Jeannot », est l’un des pilotes de rallye et de circuit préférés des Français. Sa carrière et son riche palmarès, à l’image de sa victoire au Championnat du monde des rallyes, sur le Tour de Corse (France), en 1982, sont intimement liés à Renault.

« Vendredi 7 mai 1982, 15 h 43 – ‘Des pneus pluie, oui’, répète dans l’émetteur radio Jean-Marc Andrié, mon copilote, d’une voix monocorde pour ne pas perturber mon pilotage. Il prévient l’équipe technique pour qu’elle les prépare.

Le Tour de Corse, surnommé le rallye aux dix mille virages, c’est trois jours de course, 1600 km de route et 1200 km d’épreuves chrono- métrées. Dans ce paysage en épingles à cheveux, aucune ligne droite ne fait plus de 80 mètres. De telles épreuves paraissent folles aujourd’hui, où aucun rallye automobile ne compte autant de kilomètres et ne dépasse six épreuves chronométrées par jour.

 

Podium Jean Ragnotti - Tour de Corse (1982)


la fin du deuxième jour de course, nous arrivons au point d’assistance situé à 3 kilomètres de l’une des dernières épreuves de la journée. Le ciel s’est couvert, les nuages arrivent. L’armée de mécaniciens encercle la Renault 5 Turbo. Ils sont quinze, sous la houlette de François Bernard, le directeur technique de Renault Sport. Ces gars-là, je les côtoie depuis des années. Nous avons fêté ensemble la victoire au Rallye de Monte-Carlo l’année précédente, remporté grâce à l’agilité de cette Renault 5 Turbo, si facile à conduire et avec laquelle je me régale tant. Ils ont toute ma confiance. Je ne me permets jamais d’intervenir dans leur travail, je sais qu’ils font de leur mieux et qu’ils donnent toujours le maximum. Pendant les quelques minutes que dure le changement de pneus – ils en profitent également pour nous refaire le plein d’essence –, j’essaye de me détendre, je blague. Puis Jean-Marc et moi repartons. 

 

Ambiances - Tour de Corse (1982)

J’écoute ses notes, précises, qui m’annoncent les obstacles. Le ton de sa voix est plus sec quand un virage serré ou une bosse se présentent. Je sais quoi faire, notre binôme fonctionne très bien. L’averse commence à tomber. Nous avons décidément bien fait de faire monter des pneus pluie. Ce que n’a pas fait Jean-Claude Andruet, grand favori de la course au volant de sa Ferrari 308, avec qui l’on était à ‘touche-touche’ depuis le départ du rallye, et qui arrive plusieurs minutes après nous. Un retard fatal que la suite du rallye ne lui permettra pas de rattraper. Depuis le début de ce Tour de Corse, j’ai le sourire, tout se passe bien. Il restera accroché à mon visage jusqu’à ma victoire, le lendemain. En fait, cette course s’est tellement bien passée que je ne peux pas vous en dire beaucoup plus. Normal, quand on n’a pas d’ennuis sur une épreuve, il y a moins de choses à raconter... »  propos recueillis par Anaëlle Correc. 

LA REINE DES RALLYES  

R5 - Tour de Corse (1982)

La Renault 5 Turbo, surnommée la reine des rallyes, était dotée d’un moteur central arrière de 4 cylindres en ligne (1 397 cm3) suralimenté, développant 285 ch.

 

Galerie photo